Qu'est-ce que la RdR ?

PHILOSOPHIE DE LA REDUCTION DES RISQUES

Si les premiers cas de SIDA en France ont été constatés dès 1982, le lien avec  l’importante mortalité dans la population des injecteurs de drogue(s) n’a pas été établi instantanément. Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène : d’une part la survenue du SIDA comme  nouvelle maladie,  à l’époque encore largement mortelle, dont le vecteur de contamination est le sang et, d’autre part,  les mélanges  « imprévisibles » utilisés par les injecteurs. Le tout se déroulait  dans un contexte très prohibitionniste empêchant toute avancée vers une politique de santé publique, peu soucieux de la santé et de la vie des usagers de drogues.

Une première et timide avancée avait eu lieu lorsque Mme Michèle Barzach alors ministre de la santé avait obtenu, en 1988, que les pharmaciens volontaires puissent vendre des seringues sans exiger la présentation d’une ordonnance.

Au début des années 90 des expériences de Programmes d’Echange de Seringues, initiés par Médecins du Monde avaient été instaurés dans des grandes villes comme Paris, Strasbourg et Marseille. La police acceptait de se tenir à distance des bus qui accueillaient les populations venues chercher du matériel stérile d’injection et des conseils de prévention.

Peu à peu le débat naissait entre politiques et professionnels de santé. Ces deux catégories étaient souvent divisées entre une minorité prônant un changement et une majorité préférant l’immobilisme. Le travail mené par les ministres de la santé successifs (Bernard Kouchner puis Simone Veil) permit de définir une véritable politique des soins. Non seulement il devenait possible pour les usagers de se faire prescrire un traitement de substitution aux opiacés mais l’accès au matériel d’injection stérile et à usage unique se démocratisait.

 Depuis cette époque le nombre d’injecteurs infectés par le VIH  et les overdoses mortelles a spectaculairement diminué. Les professionnels de santé, originellement  réfractaires, ont fini par aborder la question des drogues sous un angle plus médical qu’idéologique.

La philosophie de la Réduction des Risques repose sur plusieurs concepts :

-          Privilégier le « possible » plutôt qu’un projet irréaliste (proposer des conditions de vie acceptables à la personne sans vouloir exiger un idéal impossible à atteindre)

-          Accepter d’apprendre des patients au lieu d’être sûr de son savoir, notamment pour les actions de prévention les concernant.

-          Agir sur l’environnement humain et institutionnel permettant des relations d’échange et de bon voisinage entre usagers et le reste de la population.

-          Intégrer la question des drogues illégales dans un ensemble élargi en l’associant aux questions relatives à la dépendance.