Notre action en milieu carcéral

 

Quand notre CAARUD entre en prison …

 

  Les études montrent que la moitié des personnes incarcérées déclarent une consommation excessive et/ou problématique de produits psychotropes (alcool, tabac, drogues illicites, médicaments) à leur entrée en maison d’arrêt.

 

Par ailleurs, l’enquête PREVACAR, remise à jour et présentée par la DGS en juin 2011 montre que, sur un échantillon représentatif de 3.000 hommes/femmes, le taux de prévalence du VHC est de 4,8% et qu’environ 50% a une hépatite chronique. S’il s’agit d’un exemple, nous savons également que le principal mode de contamination est l’usage de produits psychoactifs, dont le détournement de TSO (traitement de substitution aux opiacés).

 

C’est à partir de ces constats que nous avons orienté la politique de notre CAARUD sur trois axes essentiels.

 

  • Le Plan d’Action Stratégique et le Schéma Régional d’Addictologie précisent que l’on doit: « Améliorer la prise en charge et la continuité des soins des personnes détenues ou sortant de prison ayant une conduite addictive et assurer la continuité des soins ». Ainsi, outre son travail auprès des usagers de drogues en milieu libre, notre CAARUD exerce aussi un rôle de médiateur socio-sanitaire auprès de l’administration pénitentiaire.

 

L’objectif n’est pas de supplanter l’action des différents acteurs de la réclusion mais bien de faire émerger et de pérenniser un prisme médico-social efficace autour du détenu, avec le soutien actif de nos partenaires intra et extra muros, en particulier les CSAPA(1), UCSA(2), SMPR(3), SPIP(4). Cette  logique de coordination doit permettre à chaque prisonnier concerné de pouvoir disposer d’une proposition de prise en charge concrète, adaptée à ses besoins pour qu’il envisage sa levée d’écrou avec sérénité.

 

D’autre part, nos compétences spécifiques et notre mobilité nous autorisent à accompagner l’usager dans la plupart de ses démarches après sa sortie, notamment en ce qui concerne l’ouverture des droits auprès de la CPAM, la recherche d’un médecin traitant, le maintien ou la reprise du traitement de substitution, l’orientation vers un service hospitalier spécialisé pour les malades VIH-VHB-VHC, voire la recherche d’hébergement ou d’ACT(5). Il est donc nécessaire que notre CAARUD soit une structure bien identifiée dans et hors les murs.

 

  • Toujours dans une démarche de RdR, nous intervenons également au Quartier pour Peines Aménagées (QPA) de Villejuif où nous animons un atelier/groupe de paroles mensuel.

S’il s’agit avant tout d’une mission d’information, c’est également un moment privilégié où il est possible de créer des liens avec les personnes demandeuses. Bien que la présence des nouveaux arrivants soit inscrite dans un cursus obligatoire, les suivis individuels sont anonymes et soumis à leur libre adhésion.

 

  • En 2010 un groupe de travail « inter-COREVIH(6) IDF Prison » s’est mis en place afin d’assurer un traitement régional de la problématique du VIH et des hépatites en prison. Ce groupe réunit les cinq COREVIH d’Ile de France, des médecins exerçant en UCSA en IDF, des représentants associatifs de lutte contre le sida en prison et pour la défense des droits des personnes incarcérées séropositives, des représentants institutionnels (l’ARS(7), l’administration pénitentiaire régionale) et plus largement toute personne concernée par la problématique du VIH/Sida en prison sur la Région Ile de France. Nous avons donc rejoint ce groupe de travail début 2011.

 

 A l’intersection entre les institutions de soins et de justice nous portons attention à l’individu dans l’intérêt de la collectivité.

 

(1)   CSAPA : Centre de Soins, d’Accompagnent  & de Prévention en Addictologie

(2)   UCSA : Unité de Consultation & de Soins en Ambulatoire

(3)   SMPR : Service Médico-Psychologique Régional

(4)   SPIP : Service Pénitentiaire d’Insertion & de Probation

(5)   ACT : Appartement de Coordination Thérapeutique

(6)   COREVIH : COordination RÉgionale de lutte contre l'infection à VIH

(7)   ARS : Agence Régionale de Santé